Des microprocesseurs d’IA avancés d’une valeur totale d’au moins un milliard de dollars auraient été exportés clandestinement en Chine trois mois après le renforcement des contrôles par l’administration Trump.

Le Financial Times (FT) rapporte que les processeurs haute performance B200 de Nvidia sont apparemment largement disponibles en Chine sur un marché noir florissant spécialisé dans la fourniture de composants américains pourtant interdits à la vente dans le pays.

Le journal britannique cite des dizaines de contrats de vente, des documents d’entreprise et plusieurs personnes ayant une connaissance directe de ces transactions illicites.
Le FT note que les processeurs B200 sont largement utilisés par les géants américains OpenAI, Google et Meta Platforms pour entraîner leurs derniers systèmes d’IA.

En mai, le FT avait déjà expliqué que plusieurs distributeurs chinois vendaient des B200 à des fournisseurs de centres de données pour un usage par des groupes d’IA locaux.

Les États-Unis et la Chine se livrent une bataille pour la domination mondiale dans l’IA et d’autres technologies, ce qui a un impact sur la performance financière de Nvidia.

« Tenter d’assembler des centres de données à partir de produits de contrebande est une impasse, à la fois sur le plan technique et économique, commente un représentant de Nvidia pour Mobile World Live. Les centres de données nécessitent des services et du support, que nous ne fournissons qu’aux produits Nvidia autorisés. »

La semaine dernière, le pdg de Nvidia Jensen Huang a annoncé qu’il avait reçu l’assurance des autorités américaines qu’une licence lui serait accordée pour reprendre les ventes de sa puce H20 en Chine. On lui avait signifié en avril qu’une licence serait nécessaire en raison d’une possible utilisation de ces processeurs dans un superordinateur en Chine, ce qui a conduit Nvidia à subir une perte de 5,5 milliards de dollars.

Ces trois derniers mois, le FT a en outre rapporté que des distributeurs chinois des provinces de Guangdong, Zhejiang et Anhui vendaient des processeurs B200 ainsi que d’autres processeurs touchés par les restrictions, notamment les H100 et H200.